Comment recouvrer les charges de copropriété ?
L’ensemble des copropriétaires doivent régler les charges afférentes à leur lot ainsi qu’à leur quote-part des parties communes. Toutefois, les contentieux liés à l’absence de paiement des charges de copropriété ne cessent d’augmenter. Cela, que les copropriétaires soient de bonne ou de mauvaise foi. Ces défaillances mettent en danger l’équilibre financier de la copropriété et peuvent entraîner également la responsabilité du syndic pour négligence. Il convient alors pour celui-ci d’être vigilant et rapide, afin de recouvrer les charges de copropriété. Il dispose pour ceci de plusieurs outils juridiques.
En bref Les charges de copropriété impayées peuvent être recouvrées par le syndic grâce à plusieurs outils juridiques. L’hypothèque légale permet de garantir toutes les créances du syndicat sur le lot du copropriétaire débiteur. Le privilège immobilier spécial donne une priorité de paiement sur les autres créanciers pour les charges des 5 dernières années. Ces garanties protègent l’équilibre financier de la copropriété.
Quelles sont les charges recouvrables ?
Pour être recouvrables, les charges doivent cumuler trois caractéristiques :
- elles doivent être certaines, c’est à dire votées lors d’une assemblée générale des copropriétaires
- elles doivent être liquides
- enfin, elles doivent être exigibles
Il s’agit des charges courantes, portant sur l’entretien de la copropriété mais également les charges exceptionnelles relatives à des travaux non courants (ravalement de façade par exemple).
Quels sont les outils à disposition du syndic pour récupérer les charges non payées ?
Il existe bien entendu les règles du droit commun propres aux créanciers comme la saisie-attribution, la saisie-vente ou même la saisie conservatoire. Mais les syndicats des copropriétaires disposent également de garanties spécifiques.
L’hypothèque légale
L’article 19 de la Loi du 10 juillet 1965 énonce que “les créances de toute nature du syndicat à l’encontre de chaque copropriétaire sont, qu’il s’agisse de provision ou de paiement définitif, garantis par une hypothèque légale sur son lot (…)”. Cette hypothèque légale du syndicat des copropriétaires constitue une protection efficace.
Par conséquent, toutes les sommes dues par un copropriétaire peuvent faire l’objet d’une garantie hypothécaire comme les provisions et charges communes, la participation à l’entretien courant et à l’administration de la copropriété, mais également les dommages et intérêts et les frais de procédure éventuels. À noter que l’hypothèque ne peut pas être inscrite pour des créances exigibles depuis plus de cinq ans.
Bon à savoir : comme toute hypothèque, celle-ci doit être inscrite auprès des services de la publicité foncière.
Le privilège immobilier spécial
Grâce à ce privilège, le syndic des copropriétaires bénéficie d’une priorité sur les autres créanciers du copropriétaire défaillant. C’est l’article 19-1 de la loi du 10 juillet 1965 qui vient définir ce privilège spécifique.
Ce privilège garantit : l’obligation de participer aux charges et aux travaux mentionnés aux articles 10 et 30, les cotisations au fonds de travaux, les créances afférentes aux travaux de restauration immobilière, les dommages et intérêts alloués par les juridictions au syndicat des copropriétaires, ainsi que le remboursement des dépens.
A noter que le privilège immobilier spécial ne garantit que les créances de l’année en cours et des quatre dernières années.
Bon à savoir : par ce privilège, le syndic peut former opposition au paiement du prix de vente du lot du copropriétaire débiteur.
Retrouvez toutes les informations relatives à un bien immobilier, en commandant sur notre site, son état hypothécaire. Il vous sera livré dans les meilleurs délais.
Questions fréquentes
Le délai de prescription est de 5 ans à compter de l’exigibilité de la charge. Passé ce délai, le syndic ne peut plus en réclamer le paiement en justice. Il est donc essentiel d’agir rapidement face aux impayés.
Oui, grâce au privilège immobilier spécial, le syndic peut former opposition au paiement du prix de vente. Le notaire devra alors prélever les sommes dues sur le prix avant de verser le solde au vendeur.
Non, l’acquéreur n’est pas personnellement responsable des dettes de l’ancien propriétaire. Cependant, le privilège du syndicat suit le bien. Le notaire doit s’assurer que les charges sont soldées avant la vente grâce à l’état daté.