Comment contester un acte notarié ?
L’acte notarié, dit acte authentique, jalonne notre vie privée. Contrat de mariage, testament, acte de vente, hypothèque, donation : autant d’actes essentiels rédigés et passés par un notaire qui font foi. Ce sont des références dans de nombreuses étapes de vie. Pour autant, s’ils sont censés être irréprochables et certains, ils peuvent comporter des erreurs matérielles ou des inexactitudes. Heureusement, il reste toujours possible d’obtenir la rectification des mentions erronées.
En bref L’acte notarié a une force probante quasi-absolue, mais il peut être contesté en cas d’erreur ou de fausse déclaration. La première démarche est de contacter le notaire pour une rectification amiable. En cas d’échec, une action en responsabilité ou une inscription de faux peuvent être engagées devant le tribunal.
Acte notarié = acte authentique
On appelle actes authentiques les actes rédigés par un officier public légalement habilité. Il peut s’agir d’un officier public, d’un huissier de justice ou d’un notaire. C’est le cas le plus courant d’actes authentiques que l’on souhaite contester.
De nombreux actes juridiques, de par leur importance sur le patrimoine ou la vie privée des individus, sont obligatoirement rédigés par un notaire. Ils requièrent une part de solennité pour marquer leur caractère exceptionnel et surtout fournir un gage de sécurité incontestable. Il s’agit notamment des hypothèques prises sur un bien immobilier.
L’acte authentique est opposable à tous, sa date étant actée officiellement. Il détient une force probante presque infaillible et il est également exécutoire de plein droit. Pour autant, malgré ces caractéristiques, il est possible de contester sa véracité ou les éléments contenus dans l’acte.
Comment contester un acte de notaire ?
Ainsi, il arrive, heureusement assez rarement, que des inexactitudes persistent dans un acte notarié. Fausses informations volontaires ou erreurs matérielles, il existe des solutions pour rétablir la véracité des éléments d’un acte notarié.
De plus, le notaire, s’il est tenu de l’efficacité juridique des actes qui lui sont soumis, ne peut vérifier l’intégralité des mentions inscrites à l’acte. Ainsi, si de fausses déclarations ont été faites et s’il ne pouvait les soupçonner, il ne peut en être tenu responsable, malgré ses obligations étendues. La responsabilité du notaire n’est engagée que lorsqu’il a manqué à sa mission de conseil.
Les recours possibles
Si des erreurs, omissions ou fausses informations causent un préjudice à la personne concernée par l’acte, il est possible de faire une demande de rectification de l’acte. Il est également possible de saisir le juge d’une action en responsabilité pour obtenir des dommages et intérêts éventuels.
Les articles suivants concernent ces recours : l’article 1382 du Code civil selon lequel les notaires sont responsables des fautes qu’ils commettent dans l’accomplissement de leur mission, et l’article 1147 qui stipule qu’ils engagent leur responsabilité contractuelle s’ils ne respectent pas leur devoir de conseil.
La procédure d’inscription de faux
En cas de constats d’erreurs dans un acte notarié, la solution pertinente reste de prendre contact avec le notaire rédacteur afin qu’il puisse les rectifier et éventuellement faire jouer ses assurances.
Dans le cas de graves anomalies, il reste possible de lancer une procédure d’inscription de faux. Il s’agit d’une procédure complexe et exceptionnelle. Il revient au juge de constater la véracité de la plainte et de juger si les manquements du notaire sont susceptibles de recours. Si l’inscription de faux aboutit, le notaire risque des poursuites pénales pour faux en écriture publique ou authentique.
Pour vérifier les informations contenues dans un acte de propriété, vous pouvez également commander un état hypothécaire.
Questions fréquentes
L’action en responsabilité contre un notaire se prescrit par 5 ans à compter de la découverte du préjudice. Pour une inscription de faux, la prescription est de 10 ans.
Oui, un acte notarié peut être annulé si le consentement a été vicié par erreur, dol (tromperie) ou violence. L’action en nullité doit être engagée devant le tribunal judiciaire.
Si l’erreur est imputable au notaire, c’est lui qui prend en charge les frais de rectification via son assurance professionnelle. Sinon, les frais sont à la charge du demandeur.