Division en volumes — Géomètre-expert et notaire

En bref — La division en volumes divise un immeuble en fractions tridimensionnelles autonomes, sans parties communes — chaque volume constitue une propriété distincte. Dérogeant au principe d’accession fixé par l’article 552 du Code civil, elle écarte l’application de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 sur la copropriété. Cette technique, créée par les notaires dans les années 1960, s’appuie sur deux professionnels. Le géomètre-expert rédige l’État Descriptif de Division en Volumes (EDDV). Le notaire orchestre le montage et publie au Service de la Publicité Foncière.

Ce que le géomètre-expert fait pour vous

  • Relevé topographique et architectural sur site — mesures précises, cotes altimétriques en référence NGF-IGN 69, coordonnées planimétriques, références cadastrales de l’assiette foncière
  • Définition des volumes immobiliers en 3D — chaque volume est un espace tridimensionnel délimité par des coordonnées précises (longueur, largeur, hauteur), sans lien physique nécessaire avec une parcelle cadastrale
  • Rédaction de l’EDDV — document technique obligatoire qui décrit chaque volume (adresse topographique, numéro, nature, cotes altimétriques) et sert de base aux titres de propriété
  • Identification des servitudes réciproques — servitudes d’appui, de passage, de réseaux, de cour commune nécessaires au fonctionnement de l’ensemble immobilier
  • Plans détaillés et coupes techniques — plans verticaux et horizontaux de chaque volume, indispensables à la publication au SPF et à la sécurité juridique des transactions ultérieures
  • Coordination avec le notaire et l’architecte — le notaire orchestre le montage juridique (cahier des charges, servitudes, actes). Pour une construction neuve, l’architecte collabore au cadrage initial

Le géomètre-expert intervient partout en France avec déplacement sur site obligatoire pour relevés 3D. La division en volumes est particulièrement complexe : elle nécessite une ingénierie juridique et technique de haut niveau. Si la division concerne à la fois un volume et des lots en copropriété, un EDD classique complémentaire peut être nécessaire.

Quand choisir la division en volumes plutôt que la copropriété ?

La copropriété s’impose par défaut quand un immeuble est divisé en lots avec des parties communes physiques. L’article 2 de la loi du 10 juillet 1965 permet d’écarter le régime de la copropriété lorsque les éléments communs sont réduits à une simple voisinage juridique. Cela ouvre la voie à la division en volumes pour les ensembles immobiliers hétérogènes ou complexes. Par exemple : un centre commercial surmonté de logements, un parking souterrain sous un immeuble de bureaux, ou un projet associant équipement public et logements privés.

La différence pratique est majeure. La copropriété impose un syndic, des règles de majorité souvent contraignantes, et une solidarité entre copropriétaires pour les charges et les travaux. La division en volumes libère chaque propriétaire de ces obligations : chaque volume fonctionne comme une propriété pleine, indépendante, librement cessible, hypothécable, et transmissible. En contrepartie, la gestion collective (si nécessaire) passe par une AFUL (Association Foncière Urbaine Libre) ou une ASL (Association Syndicale Libre) plus souples qu’un syndicat de copropriétaires.

La division en volumes est aussi le seul mode d’organisation qui permet la mixité domaine public / domaine privé au sein d’un même ensemble immobilier. La loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété ne s’applique pas aux biens du domaine public, ce qui rend la copropriété incompatible avec ce type de projet.

Les 3 documents clés d’une division en volumes

1. L’EDDV (État Descriptif de Division en Volumes). Document technique obligatoire rédigé par le géomètre-expert. Il identifie chaque volume par ses caractéristiques géométriques 3D, sa nature (logement, bureau, commerce, parking), son adresse topographique et les cotes altimétriques (NGF-IGN 69 ou système équivalent). L’EDDV constitue la référence foncière de chaque volume.

2. Le cahier des charges. Document contractuel rédigé par le notaire qui fixe les règles de fonctionnement entre propriétaires de volumes : obligations d’entretien, accès, utilisation des équipements communs, règles d’esthétique, modalités de modification. Il peut prévoir la constitution d’une AFUL ou d’une ASL pour gérer les éléments collectifs.

3. Les servitudes réciproques. Sans parties communes, les volumes dépendent les uns des autres pour leur fonctionnement. Un volume en étage s’appuie sur le volume inférieur (servitude d’appui). Un volume profond a besoin d’un passage pour ses réseaux (servitude de passage des réseaux). Un parking a besoin d’un accès depuis la voirie (servitude de passage). Le géomètre-expert identifie ces servitudes, le notaire les formalise et les publie au SPF.

Comment ça marche ?

1. Décrivez votre projet

Remplissez le formulaire en 2 minutes. Précisez le type d’ensemble immobilier (neuf ou existant), les usages prévus et les volumes envisagés.

2. Un géomètre-expert vous rappelle

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3. Il rédige et coordonne

Relevé sur site, rédaction de l’EDDV et des servitudes, transmission au notaire pour le cahier des charges et la publication au SPF.

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Questions fréquentes

Qui peut rédiger un État Descriptif de Division en Volumes (EDDV) ?

Seul le géomètre-expert inscrit à l’Ordre est habilité à rédiger un EDDV, en vertu de la loi du 7 mai 1946. Il définit les volumes en 3D, calcule les cotes altimétriques et planimétriques, et dresse les plans techniques. Le notaire authentifie ensuite le document et le publie au Service de la Publicité Foncière.

Combien coûte une division en volumes ?

Le coût varie fortement selon la complexité. Pour un projet simple (immeuble mixte 3-5 volumes), comptez entre 8 000 et 15 000 euros HT d’honoraires géomètre. S’y ajoutent les frais de notaire et la taxe de publicité foncière. Pour un projet complexe (centre commercial, programme mixte public/privé), le budget peut dépasser 30 000 euros HT. Frais détaillés supplémentaires. Modificatif EDDV : 3 000 à 6 000 euros HT. Création d’une AFUL : 1 500 à 3 000 euros HT par le notaire. Publication au SPF : environ 1 000 à 2 000 euros incluant la taxe de publicité foncière.

Quelle différence entre division en volumes et copropriété ?

La copropriété crée des lots avec des parties communes, gérées par un syndic selon la loi du 10 juillet 1965. La division en volumes crée des propriétés tridimensionnelles totalement autonomes, sans parties communes, avec des servitudes réciproques pour organiser la coexistence. Elle offre plus de souplesse mais nécessite une ingénierie plus complexe.

Peut-on passer d’une copropriété à une division en volumes ?

C’est techniquement possible mais juridiquement complexe. L’unanimité des copropriétaires est généralement requise, et la publication de l’EDDV doit précéder la radiation de l’ancien EDD de copropriété. Le passage inverse (volumes vers copropriété) n’est pas permis. Le géomètre-expert et le notaire accompagnent cette bascule.

Faut-il un syndic pour une division en volumes ?

Non. La division en volumes ne relève pas de la loi du 10 juillet 1965, donc le syndic obligatoire en copropriété n’est pas requis. Si une gestion collective est nécessaire pour les éléments d’équipement communs (parkings, réseaux mutualisés), elle passe généralement par une AFUL (Association Foncière Urbaine Libre) ou une ASL (Association Syndicale Libre). Ces structures sont plus souples qu’un syndicat de copropriétaires.

Pour ce service, Hypothèques en ligne agit comme une plateforme de mise en relation, pas un cabinet de géomètres-experts.